Hier à HEC, la conférence Digital 4 Change réunissait des invités aussi prestigieux que Muhammad Yunus, Martin Hirsch, Mitchell Baker de Mozilla... pour débattre sur les possibilités d'innovation sociale qu'apportent les nouvelles technologies. Et après avoir écouté l'interview de Matt Flannery, fondateur de Kiva, je me suis dit que moi aussi j'allai prêter en ligne à un inconnu au bout du monde.
Pour cela j'ai comparé 3 sites web, tous en français. Je vous avais déjà parlé du premier
kivaenfrancais.org, du leader mondial Kiva. Le deuxième,
Babyloan.org est français et a été créé en 2008. Le petit dernier,
Microworld, a été lancé cette année par Planet Finance.
Navigation
Les 3 sites fonctionnent à peu près sur le même modèle: un moteur de recherche permet de filtrer les projets à financer selon divers critères (pays, types de projets, montant total du prêt). Sur chacun des sites, il faut créer un profil, on peut uploader une photo de profil histoire de renforcer la dimension communautaire du site. Une fois le projet et le montant choisi, on paie par Paypal ou carte bancaire.
J'ai trouvé la navigation sur chacun des sites relativement simple. Un petit bémol pour Kiva dont seule la page d'accueil et la présentation des projets a été traduite, dès que vous voulez vous inscrire et réaliser un prêt, il vous faudra parler anglais. Et puis franchement le site est moche, on dirait un blog amateur en 2004.
Rien à redire concernant Babyloan et Microworld, je donnerai juste ma préférence à Microworld pour l'élégance de la charte graphique.
Information et transparence
Mais comment ça marche au fait le peer-to-peer lending? Chaque site est assez clair sur les principes, un plus pour les vidéo pédagogiques de Kiva. Il y a aussi des informations détaillées sur l'institution de microfinance (IMF) partenaire. Babyloan permet de prêter à des microentrepreneurs en France grâce à un partenariat avec l'ADIE.
Quand on veut connaître les conditions, le coût, le risque assumé, ça se corse. Pour Kiva, il faut aller sur le site en anglais et trouver la rubrique un peu cachée en bas la page, ce qui est vraiment pas terrible, même si ensuite, les explications sont assez claires. Une FAQ est facilement accessible sur le site de Microworld. Enfin, mes félicitations vont à Babyloan qui tout au long du processus de prêt donne des informations extrêmement claires sur les conditions pour le prêteur.
Risque et coût
Comment chaque site couvre-t-il ses coûts? Et quel est le risque pour le prêteur?
Sur Kiva, le prêteur est invité à faire un don, mais il peut refuser. En revanche, le prêteur assume tous les risques liés au prêt: risque de défaillance de l'emprunteur, de l'IMF partenaire ou risque de change. Chaque prêt est donc accompagné par un profil de risque. Le site affiche certes un taux de remboursement supérieur à 98% mais les plus frileux peuvent être découragés.
Babyloan vous demandra une participation de 2€ minimum par prêt, et pour ce qui est du risque de non remboursement, il est assumé par l'IMF partenaire. Pour Microworld également, le risque de défaillance est couvert par l'IMF partenaire, celle-ci étant elle-même notée. Et emprunter ne coûte rien au prêteur puisque Microworld fait payer une contribution aux IMF partemaires.
Au moment de choisir, je me tourne plus volontiers vers Microworld, simple d'utilisation et sans coût pour le prêteur. Le nombre de projets à financer est encore très limité mais le site affiche de belles ambitions au niveau européen.
Et si le coeur vous en dit, filez
un coup de pouce à Celia au Pérou, il ne lui manque plus que 100€ pour s'acheter une vache.